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Chefferie Bamendjinda

Chefferie Bamendjinda

Bamendjinda est un sous-groupe ethnique Bamiléké situé dans l’arrondissement de Mbouda, département des Bamboutos, dans l’Ouest Cameroun.

La Chefferie, en tant que membre du programme de la Route des Chefferie depuis 2006, travaille à la mise en valeur de son patrimoine historique et culturel, et prévoit l’inauguration de sa Case patrimoniale (Musée Communautaire), le 12 décembre 2009.

En cours d’aménagement, le musée disposera d’une exposition composée de deux parties : une sur la Chefferie, son histoire et son organisation, et l’autre sur l’Esclavage. Membre de l’Alliance Internationale des Anneaux de la Mémoire, Bamendjinda mène depuis plus de dix ans de nombreuses activités liées à l’histoire et à la mémoire de la traite négrière et de l’esclavage telles que l’organisation de colloques et de conférences, la préparation de pièces de théâtre et du scénario du film NDE TABOULA (autour de l’histoire de cet ancien esclave originaire de Baleng et retrouvé en 1981 en Guinée Equatoriale, anciennement Fernando Po), des rencontres de réconciliation avec la diaspora originaire des Caraïbes, des Etats-Unis, etc. Des cérémonies traditionnelles sont souvent organisées.

Bamendjinda2L’inauguration du musée sera un acte fort dans ce travail de mémoire sur une histoire qui a profondément affectée la Chefferie et son organisation sociale. En effet, Bamendjinda se trouve dans une partie du Grassfield camerounais où la traite négrière et l’esclavage coutumier ont fortement sévi. La traite négrière se faisait entre les marchands d’esclaves locaux, les rabatteurs venant des côtes et les négriers européens. Bamendjinda jouissait d’un marché florissant, point de rencontre entre rabatteurs et populations indigènes, lieu de troc. Les conséquences furent lourdes, car cette traite contribua au dépeuplement de Bamendjinda, qui à son tour, se lança à la chasse à l’homme pour combler le vide créé pendant la traite. L’esclavage coutumier, préexistant à la traite, a alors connu certaines mutations et un essor. Le marché de Bamendjinda a de nouveau joué un rôle important dans ce trafic d’esclaves. C’est pendant cette période, probablement sous le règne du Roi Nzonteu (1839-1870), que fut acheté, à l’âge de 20 ans, Tsima le tout premier esclave naturalisé Bamendjinda, originaire du village Maguem dans le Noun. Il mourut vers 1952 à l’âge de 115 ans laissant quatorze enfants, dont deux sont encore vivants. Les enquêtes menées, chez les descendants et marchands d’esclaves, montrent qu’ils détiennent encore certains objets liés à ces périodes.

 

Bamendjinda3L’exposition peut déjà compter sur les collections actuelles du musée : armes à feu (objets d’échange des négriers contre un notable Bamendjinda dont le titre est resté jusqu’à nos jours sans descendance par manque de successeur), perles, cauris, vieux vêtements, objets en métal, etc. Il sera également possible d’établir une carte des points de vente des esclaves et de leur acheminement vers les côtes, de présenter des lieux et leur place dans l’histoire tels que la grotte de Mekoup et le cours d’eau Moneukdui (lieux de refuge des populations lors des raids organisés par les rabatteurs), de réaliser des entretiens avec les descendants et marchands d’esclaves, des enregistrements sonores et vidéos des chants et danses des esclaves, etc.

Ernest KOUAM,
Responsable du Musée de Bamendjinda.

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